Je dors les yeux ouverts et mon crâne sonne creux,
je cherche dans mon lit des débris de mon corps,
et ce cerveau de plâtre me parait déjà vieux,
et ces bras de silex sont à mes côtés morts.
Je vois dans la nuit noire le saignement d'un feu,
et au plafond scintillent mille étoiles d'or,
au fond de ce miroir je sens brûler tes yeux,
et ce qui veille en moi en toi doucement dort.
Cet anneau de nos doigts forment entre nous un lien,
la peau qui pèle dévoile de l'ossature la cage,
et comme un nouveau né je veux téter ton sein,
et lentement je tourne de tes pensées les pages,
et lentement je serre les moignons de tes mains,
quand avec toi je passe ces heures sans lendemain.