Errance qui ne laisse de trace
sur l'arpent de terre labouré
émonde la peau qui saigne
de l'autre côté du miroir.
Le sang qui sort de l'oeil
couvre le corps qui décrépi
rameute nos chiens errants
en meutes insoupçonnées.
Le silex d'où jaillit le feu
donne l'étincelle qui fait brûler
cette aube où ma chair fond
sur les bûchers de l'au-delà.
Là où l'image désossée
dénonce des crimes qu'oublie
le spectateur décapité
dont le crâne fixe le vide.
Sur les charniers qui s'atrophient
les montres tournent à l'envers
et le silence en nous dispense
les moignons de nos corps cramés.
Ainsi mon cerveau se peint
de ces plaies dont se recouvrent
les cadavres de ceux qui surent
que l'enfer était proche.